Lilas




 









C'était une dernière fois
Une dernière fois
Et on n'a pas incliné nos fronts assez bas
Avant
Ni laissé les parfums désaxer nos sinus obtus
Assez

La glycine tombe d'inanition et rien de notre volonté ne l'a soutenue
Et le lilas, le lilas
Vitalité majeure des bords tempérés
Bientôt quittés
Bientôt quittés

Sait-on jamais le poids discret de ce qui se perdra ?
Et ce qui viendra par sa vacuité peupler les rêves invisibles,
Une fois la masse bleue des Tropiques
Tombée sur notre échine,
Le sait-on ?

Il restera une négligence, un temps flou
Un oubli lancinant des énivrances
De vieux amours bouclés
Vieux comme nos premiers rugissements à l'air libre
La force des sinus soumis et le cou penché

Une fois disparu,
Disparu sous les rouges en feu bruissants des Caraïbes
Le lilas,
Son empreinte, quelle désorientation effacée dans l'air ?


Avril 2012